À l’occasion de la Journée internationale de la
démocratie, célébrée le 15 septembre, le Mouvement INAMAHORO a mené une
activité de sensibilisation et de plaidoyer afin de rappeler que la démocratie
ne saurait se résumer à la seule tenue d’élections. Elle repose également sur
le respect des droits humains, la séparation des pouvoirs et une participation
citoyenne libre et effective. Une démocratie véritable se mesure à la capacité
de chaque citoyenne et de chaque citoyen à vivre en paix et dans la dignité, à
faire entendre sa voix sans craindre l’arrestation, la torture ou les
représailles, et à bénéficier d’une protection effective de ses droits
fondamentaux. Au Burundi, le Mouvement INAMAHORO relève toutefois un écart
préoccupant entre le discours officiel et le vécu quotidien de nombreux
citoyens, alors que de graves violations des droits humains continuent d’être
documentées et que la situation des droits des femmes demeure particulièrement
préoccupante.
Dans le cadre de cette activité, le Mouvement INAMAHORO a
salué les avancées enregistrées en matière de représentation politique des
femmes, notamment leur présence importante au Sénat et à l’Assemblée nationale.
Toutefois, l’organisation souligne que la démocratie ne peut être appréciée au
seul regard du nombre de femmes présentes dans les institutions. Elle doit
également se vivre au sein des communautés et dans les villages. Elle se mesure
notamment à la capacité d’une femme rurale à hériter de la terre de ses
parents, ainsi qu’à celle d’une victime de violences de porter plainte sans
subir de représailles, de pressions sociales ou familiales. Malgré les progrès
observés dans la représentation politique, les violences sexuelles, les viols
d’enfants, les féminicides, l’exclusion économique et les discriminations dans
l’accès à l’héritage demeurent des réalités qui exigent des réponses concrètes
et durables.
Le Mouvement INAMAHORO a également insisté sur la
nécessité d’assurer aux femmes une participation pleine, effective et
significative dans tous les espaces où se décide l’avenir du Burundi. Leur
présence ne doit pas se limiter aux institutions politiques, mais doit
également s’étendre aux mécanismes de dialogue, de paix et de sécurité. À
l’approche de l’élection présidentielle prévue le 3 mai 2027, l’organisation
appelle le Burundi à faire de cette échéance une occasion de renforcer la
démocratie, en faisant de la transparence, de l’inclusion, du dialogue
politique et du respect des libertés fondamentales les principes directeurs de
l’ensemble du processus électoral. Le Mouvement INAMAHORO appelle ainsi les
autorités burundaises et la CENI à garantir un processus électoral transparent,
inclusif et apaisé, permettant à l’opposition, à la société civile et aux
femmes de participer pleinement à toutes les étapes du processus.
À travers cette activité de plaidoyer, le Mouvement
INAMAHORO a appelé les autorités à accélérer l’adoption de la loi sur les
successions afin que l’égalité entre les femmes et les hommes devienne une
réalité dans l’exercice du droit à l’héritage. L’organisation exhorte également
les acteurs régionaux et internationaux ainsi que la société civile à
poursuivre leurs efforts afin de faciliter l’accès des victimes de violences à
la protection, au soutien et à la justice. Elle appelle toutes les Burundaises
et tous les Burundais à s’engager pour que la participation des femmes soit
effective à tous les niveaux de décision et ne demeure pas simplement formelle.
Le Mouvement INAMAHORO adresse enfin un appel particulier aux femmes et aux
filles burundaises : rester debout, s’organiser et faire entendre leur voix.
Aucun développement durable ne saurait être réalisé sans les femmes, la paix et
la sécurité. La démocratie à laquelle aspire le Mouvement INAMAHORO est une
démocratie qui se vit chaque jour, dans la dignité, la sécurité, la liberté et
l’égalité de toutes et de tous, sans discrimination.