Dans un contexte marqué par de nombreux
défis d’ordre sécuritaire, politique, économique et liés aux droits humains au
Burundi, le Mouvement INAMAHORO a jugé nécessaire d’organiser une formation
consacrée au leadership féminin et à la communication efficace. L’initiative
visait à renforcer les capacités des femmes pour leur implication effective dans
la promotion des droits humains et la consolidation de la paix.
Malgré la
dégradation alarmante de la situation générale dans le pays, le gouvernement du
Burundi continue de nier la réalité, affirmant que la paix et la sécurité
règnent partout dans le pays, que l’économie et les conditions de vie sont très
bonnes et que les droits de l’homme sont pleinement respectés.
A cet égard, les
femmes et les enfants continuent de porter une lourde part du poids de cette
crise en tant que victimes directes, beaucoup étant tués, emprisonnés, violés
ou renvoyés des écoles, entre autres.
À ce jour, la
participation des femmes et des filles à la promotion des droits humains et à
la consolidation de la paix au Burundi demeure un défi majeur. D’un côté, la
culture patriarcale profondément enracinée dans la société est à l’origine
d’inégalités sociales entre les hommes et les femmes. De l’autre côté,
certaines femmes contribuent encore à la perpétuation de ces inégalités en
gardant le silence et en acceptant les stéréotypes de genre ainsi que les
masculinités néfastes au sein de leurs communautés. Il s’agit d’un obstacle
majeur à la paix et au développement durables, qui ne peuvent se réaliser sans
l’égalité des sexes. À cela s’ajoute aujourd’hui le verrouillage de l’espace
civique, qui intimide les défenseurs des droits humains et entrave l’engagement
des femmes dans la protection de leurs droits.
Face à ces défis,
certaines organisations de femmes, comme le Mouvement INAMAHORO, offrent des
plateformes permettant aux femmes de ne pas rester inactives en attendant que
d’autres leur trouvent des solutions. Les femmes souhaitent s’impliquer
pleinement et devenir des actrices du changement, en veillant à ce qu’« il
n’y ait plus rien pour elles sans elles ».
Le Mouvement
INAMAHORO cherche ainsi à renforcer le leadership et la résilience des femmes,
à s’assurer que les femmes réfugiées les plus démunies reçoivent une aide
humanitaire, tout en continuant à s’engager en faveur d’une paix et d’une
sécurité durables dans le pays.
C’est dans cette
perspective qu’une formation sur le leadership féminin et la communication
efficace a été organisée. Le leadership féminin constitue un levier essentiel
pour renforcer la participation et la représentation des femmes dans les
espaces de décision, et pour leur permettre de jouer un rôle actif et efficace
dans la promotion de changements positifs au sein de leurs communautés.
Toutefois,
l’exercice d’un leadership efficace ne saurait être dissocié d’une
communication de qualité. La capacité à écouter activement, à transmettre
clairement un message, à concilier les opinions divergentes, ainsi qu’à
mobiliser et motiver une équipe constitue une compétence fondamentale pour
toute personne appelée à exercer des responsabilités de leadership.
La formation
s’inscrivait dans l’objectif spécifique de promouvoir la continuité et la
pérennisation des initiatives du Mouvement INAMAHORO. Elle visait notamment à
renforcer les capacités internes du Mouvement et à accroître le nombre de
femmes capables de transmettre à leur tour les connaissances et compétences
acquises en matière de leadership et de communication. Elle visait aussi la
constitution d’un réseau élargi de formatrices en mesure d’accompagner leurs
pairs dans le développement de leurs capacités de leadership.
Dans le cadre de
cette démarche de renforcement des capacités et de transfert de compétences,
des membres ayant particulièrement démontré leurs aptitudes et leur engagement
lors de la formation des formateurs organisée l’année précédente ont été
sélectionnées pour devenir, à leur tour, des facilitatrices de la formation sur
le leadership féminin et la communication efficace.
La formation s’est déroulée sur quatre jours, à savoir : les 28 et 29 août 2026 à Kampala, en Ouganda, puis les 31 août et 1er septembre à Kigali, au Rwanda. Elle a été animée par huit nouvelles formatrices, à raison de deux formatrices par jour. Au total, 79 femmes et filles ont pris part à cette formation, à raison de 20 participantes par jour.
Au cours de la
formation, les participantes ont notamment approfondi la définition du
leadership, les différents types de leadership, ainsi que les avantages et les
limites des différents styles de leadership. Elles ont également abordé la
définition de la communication, les principes d’une communication efficace et
les qualités d’un bon communicateur.
À l’issue de la formation, les facilitatrices ont recommandé de prévoir suffisamment de temps pour les discussions, les exercices pratiques et les jeux de simulation, ainsi que d’organiser des formations de suivi permettant d’approfondir les thèmes abordés. De leur côté, les participantes ont recommandé d’améliorer la gestion du temps, d’approfondir certains thèmes liés au leadership et de multiplier les exercices pratiques
Le Mouvement
INAMAHORO a pris bonne note des recommandations faites et s’est félicité des
résultats atteints.